Le Quatuor Mosaïques a été fondé en 1989.
Les trois instrumentistes d'origine autrichienne, Erich Höbarth, Andrea Bischof et Anita Mitterer, ainsi que le violoncelliste français Christophe Coin, se sont rencontrés à Vienne, au sein du Concentus Musicus de Nikolaus Harnoncourt. C'est là que leur vint l'idée de mettre en commun les fruits d'une longue expérience dans le domaine de l'interprétation du quatuor à cordes classique sur instruments originaux. Il ne s'agissait nullement de retrouver une « authenticité » de pièce de musée, mais bien de perpétuer le lien vivant avec la grande tradition européenne du quatuor.
C'est ainsi que les Mosaïques reçurent un héritage fondamental du légendaire Quatuor Vegh, dont Erich Höbarth fut membre pendant trois ans. Révéler la richesse intérieure et spirituelle de la musique doit être le but de toute interprétation.
Aujourd'hui, le Quatuor Mosaïques, qui joue sur instruments historiques (avec des cordes en boyau), est régulièrement cité comme un des plus grands quatuors de notre époque.
En témoignent de nombreux enregistrements couronnés de récompenses – comme le Gramophone Award en 1993 et 1996. Sa riche discographie comprend des œuvres de Haydn, Mozart, Boccherini, Jadin, Beethoven, Schubert et Mendelssohn.
Ces dernières années, les Mosaïques ont élargi leur répertoire jusqu'à la fin du XIXe siècle. Au Wiener Konzerthaus, ils ont donné entre autres un cycle de concerts consacré à l'intégrale des quatuors de Brahms et de Schumann.
Leurs partenaires habituels dans le répertoire de musique de chambre (quatuors et quintettes) sont les clarinettistes Sabine et Wolfgang Meyer, le hautboïste Peter Westermann, les pianistes Andras Schiff et Patrick Cohen, ainsi que le violoncelliste Miklos Perenyi.
Les salles de concert et les festivals les plus importants d'Europe sont désormais devenus pour eux des lieux familiers (Konzerthaus de Vienne, Wigmore Hall de Londres, Philharmonie de Berlin et de Cologne, Concertgebouw d'Amsterdam, Musikfeste de Brême, Weimar, Schubertiades de Schwarzenberg, Styriate, etc.).
«Dans une mosaïque, chaque détail semble magnifiquement pensé. Mais c'est la fresque entière que l'on saisit d'un seul regard. En musique, c'est pareil, il faut travailler les détails, faire des recherches en organologie, en musicologie, réfléchir sur les articulations, les phrasés, les dynamiques... Forger les meilleures conditions d'écoute, comme l'œil qui perçoit la fresque, a su trouver la distance idéale... ».
Christophe COIN